Xavier Montauban

2.3.2. Les attaques de requins dans le monde

Les requins sont parmi les animaux les plus redoutés, ils ont une réputation de tueurs et de mangeurs d'hommes (requin vient du latin requiem). Le 26 juillet 1945, le croiseur américain USS Indianapolis fut coulé par un sous-marin japonais, après avoir livré des bombes atomiques sur l'île de Tinian. Harcelés nuit et jour par les requins, seuls trois cent seize marins survécurent sur les neuf cents rescapés du naufrage.

Il n'est pas aisé d'évaluer le nombre d'attaques annuelles dont l'homme fait l'objet. Selon les sources, ce nombre varie de soixante-quinze à trois cent dans le monde. Cinquante-neuf attaques ont été recensées en 2008 dans le monde selon le Shark Attack File du Muséum d'Histoire Naturelle de Floride qui dresse des cartes régionales et mondiales des attaques non provoquées.

Certains pays sont plus particulièrement concernés par ces attaques : Australie, Afrique du Sud, Etats-Unis, Nouvelle Zélande et Océanie.

(voir aussi : www.flmnh.ufl.edu/fish/Sharks/ISAF/ISAF.htm).

Une attaque de requin n'est pas toujours fatale. Au cours de la période 1990–2004, 11% des attaques non provoquées ont été mortelles, le plus souvent en raison du délai trop long d'intervention des secours, compte tenu de la nature fortement hémorragique des blessures et du lieu isolé de l'attaque. Ce sont les surfeurs qui sont le plus souvent attaqués, puis les nageurs et les plongeurs en surface ou à faible profondeur (snorkelling) et ceux qui se livrent au nourrissage des requins à des fins touristiques.

Il est à noter que les attaques sont très rares lors des plongées en scaphandre autonome.

Le nombre d'attaques serait stable d'une année à l'autre malgré la forte augmentation de la pratique de sports et de loisirs nautiques. Cette stabilité tient au fait que le nombre de requins dans le monde décline fortement en raison du commerce des ailerons. Toutefois l'évolution des chiffres d'attaques année après année est sujette à caution, d'une part parce que le nombre d'attaques rapporté à la population vivant à proximité des côtes est infime et que, d'autre part, plusieurs variables influent sur la présence de requins dans une zone donnée, tels les changements des courants marins liés au phénomène El Niño. C'est sur de longues périodes de temps que les études doivent être menées, l'échelle de temps étant plus de l'ordre de la décennie que de l'année. Rappelons que l'émergence des loisirs nautiques est récente.